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(CousinAdoré)^22

CousinAdoré, comme son nom l’indique, n’est pas mon cousin. En fait, c’est le neveu de mon grand-oncle, enfin plus exactement, c’est le neveu de la femme qui est mariée avec le frère de ma grand-mère.
Le fait que je ne fréquente plus notre famille commune n’empêche pas que je l’aime tendrement, et que ce garçon est d’une justesse et d’une vivace intelligence rarement rencontrée.
Il a écrit ici une lettre à sa tante, parce qu’ils ont immanquablement eu une discussion sur la mariage à Noël en famille, et cette lettre est juste magnifique, pesée, intelligente, mesurée, mais cruellement juste à mon sens.

En souvenir de la tarte aux fraises

C’est con quand même, j’ai pensé.
Oui, mourir un 31 décembre, c’est manquer d’achever une année. Surtout quand on en est a sa 91ème année.
C’est ce que je me suis dit d’entrée de jeu.

Quand ma sœur m’a appelé, j’ai reconnu sa voix des mauvaises nouvelles.
Ce ton particulier – que tu retrouves chez tout le monde – qui te fait te préparer à un truc pas glop, surtout un jour de reprise du boulot, le 2 janvier 2013.

Instinctivement je me suis dit que ça aurait pu être pire. J’ai peur pour tellement de gens, tous les jours, que j’ai presque eu le sentiment que la comète m’avait frôlé sans m’atteindre.
Ma grand tante est morte, à l’âge de 90 ans.
Comme un con, j’ai scruté le site web de la Nouvelle République du centre ouest, deux jours durant, pour y trouver l’insertion. Vieux réflexe campagnard.
Voici :

avis modifie

On l’appelait Tatie.

Elle était célibataire, sans enfants, et a longtemps tenu l’épicerie fine que mes arrière grands parents avaient, à Blois. Maman l’aimait beaucoup. Maman disait qu’elle nous enterrerait tous. Quand j’avais moins de 18 ans, on la voyait beaucoup. Pour les anniversaires, Pâques, la galette, le nouvel an, bref, souvent. Ma grand-mère habitait dans le même immeuble qu’elle, donc on les voyait généralement ensemble. Elle avait de la personnalité, un fort caractère. Elle ne faisait attention à rien, elle était un peu sourde, ce qui nous amusait beaucoup (je me rappelle du nombre de fois où nous faisions exprès de parler à voix basse pour qu’elle ne nous entende presque pas, ce qui la faisait rager). Quand je la croisais en ville, elle pouvait tout à fait ne pas me voir, ce qui était utile quand j’avais une cigarette à la main à 16 ans, ou une petite copine au bout du bras.

Surtout, ce dont je me rappelle, c’est de son appartement. Très petit bourgeois de province, avec des meubles un peu surannés. Un grand appartement dans la plus belle résidence de Blois. Et aussi, pour mon anniversaire, j’avais toujours droit à une tarte aux fraises, avec beaucoup de pâte d’amandes (j’adore la pâte d’amandes). Elle faisait toujours la pâte à tarte un peu dure, mais c’était un délice. Je garde d’excellents souvenirs d’elle.

Il ne faut pas oublier qu’elle était de droite, disons, vraiment très à droite. Sa détestation quasi-tripale de la gauche a émaillé beaucoup de nos dîners, sa détestation des parvenus, des beaufs, des peigne-zizis qu’elle les appelait. Sa détestation de beaucoup de choses en fait. De tout ce qui n’était pas de notre monde, il fallait bien le dire. De tel ou telle personne de son entourage qui n’était pas dans le moule, de ce que représentait le parti socialiste, les chômeurs, les arabes. Mais elle avait bon fond. Et on était tellement bien formatés, enfants.

Je me rappelle quand même que nous avions bondi, enfants, quand elle avait dit que tous les juifs avaient les meilleurs prix à l’école quand elle était petite, mais qu’après 41 ils faisaient moins les malins. Oui, Tatie, c’était aussi cela.

Tellement perclue de certitudes et de principes qu’elle en a oublié de nous aimer, lorsque Maman est morte. Maman qui était pourtant tellement indulgente avec elle, et qui lui trouvait tant d’excuses. Maman qui était pour Tatie le modèle absolu de ce qu’il fallait être, et qui la considérait un peu quand même comme son égal.

Elle a oublié de nous aimer la dernière fois que je l’ai vue, à Noël 2003, après l’enterrement de ma grand-mère. Elle a été imbuvable, avec moi, avec tout le monde. Et, quelques jours après, je lui ai raccroché au nez, parce qu’elle était allée trop loin. Elle m’a laissé un message d’insultes sur mon répondeur, à l’été 2004. Je l’ai tellement mal vécu que je suis incapable de décrocher mon téléphone sur un numéro masqué, et que ce jour là, j’en ai oublié sur le toit de ma voiture un dossier de boulot, m’obligeant à tout refaire pour mon stage le lendemain. Je n’ai jamais été capable de lui pardonner de m’avoir ainsi agressé.

En conclusion, je dirai que je ne ressens pas de chagrin. Maman serait triste, c’est sûr. Moi pas. Et je n’ai pas honte de le dire. J’ai d’excellents souvenirs avec elle. Mais c’était une sacrée chieuse.

Et surtout, surtout, parce que cela a malencontreusement participé à forger ma personnalité d’adulte, parce que je paie cela tous les jours, et pour m’avoir fait ressentir cela, je ne lui pardonnerai jamais.

I say no, no, no

Un week end au calme, loin de tout et de tous. Peu de rencontres, peu de cafés, pas d’apéro, pas de sortie. Un dimanche canapé/canal plus à rester faire ses choses de fond qui manquaient quand même cruellement. Cela m’a fait du bien, autant que tous les preuves de soutien que je reçois et qui me font très plaisir.

Je quitte Paris pour un moment, ce qui devrait m’aider à prendre du recul. Quoiqu’une grosse due diligence dans le sud de la France ce n’est pas non plus la meilleure façon de se reposer, mais j’essaierai d’y penser en buvant des whiskys cocas au bord de la piscine.

Le week end prochain je redeviens mondain, si je fais pas un combo cafe/apéro/dîner/eagle/dépôt, c’est que la vie ne vaut rien.

Ah oui, aussi Margin Call excellent film, un poil technique par moments (si je peux aider…) mais vraiment un moment agréable. Allez le voir.

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Un petit coup avant de dormir

D’ego bien sur…

Autoquote : it’s all about sex, or money, or frienship, or whatever

- [....] did you hear me, I said  » I miss you »

- … [phone call] schhht schhht

- hey, I don’t miss people, I forget them, I ignore them, I verbally abuse them but, I’m definitely not a missing people kind of person

Quelle salope cette Renée. Je pensais qu’elle avait tout compris. En fait, non. Cela ne veut pas dire que j’ai raison, notez bien. Juste que, finalement, il n’y a peut-être pas de solution miracle.

CDDB, 29 ans, découvre la vie.

Mauvaise

Je me sens de plus en plus en phase avec la vieille folle du pacifique.

Faut dire que depuis que je sais qu’on fume les mêmes cigarettes je me sens proche :)

Mais ceci reflète bien mon état d’esprit du moment, aussi.

Un roman de Barbara Cartland …

Je disais bien.

Reçu cela ce jour.

1) Découverte de ton blog par hasard cette semaine.
2) Découverte de ta vie, en tout cas celle que tu veux montrer, pratiquement d’un trait.
3) J’ai ri.
4) J’ai été ému.
5) On se ressemble.
6) Mais tellement différents également.
7) Veux-tu m’épouser ?

Bravo.

Bon, tellement moins traumatisant que cela, en même temps moins personnel, mais ça fait très plaisir ;)

Je ne suis pas sûr de me marier tout de suite quand même.

Le seul bémol ? Le mail vient d’une adresse en hotmail.fr, ce qui m’indique que l’expéditeur est un habitué des chats de cul, ou un grand enfant.

Il faut quand même que je lui offre mon cul un café pour la peine, et je vous raconte ? Enfin, si ça vous intéresse …

CDdB est-il soluble dans le compliment ?

Il est sorti d’un bloc, celui-là, et j’étais très fatigué après. J’espère avoir été clair, je n’en suis pas sûr. C’est pire qu’un accouchement, une délivrance.

Peut-être vous rappelez-vous de mon grand étonnement quant à l’identité de la personne qui m’avait posé cette question.

Au-delà de son auteur, le contenu pur et simple m’avait franchement touché, simplement touché. Savoir qui l’avait écrite m’aurait permis de connaître le degré de sincérité, et le but premier de celui qui l’avait posée à cet endroit où l’on ne dit – globalement – que des conneries.

Je n’y ai, bien sûr, pas repensé depuis un moment. Je suis dans un down permanent entrecoupé de quelques up, et j’espère bien pouvoir calmer le truc rapidement. Mais ça vient là, je le sens (oh oui, ça vient, change pas de main. C’est bon, elle est pour moi.)

Je suis fatiguant, je me fatigue, je fatigue les autres. Me fréquenter c’est avoir, dans les mains, une bombe à retardement. Tu es en retard ? Ça m’énerve parce que j’ai l’impression d’être rejeté. Je te dis que je t’aime, que je tiens à toi, tu ne me réponds pas, ou pas comme je le voudrais. Pareil.

Ce n’est pas un truc permanent que je ressens aussi simplement à chaque fois, rassurez-vous quand même, mais il s’agit d’un stress qui apparaît selon mon degré de solidité du moment. En gros, pour mieux comprendre, il faut relire ça car tout est lié. Difficile d’aimer les autres si l’on ne s’aime pas soi-même. Ça va sans le dire, mais ça va mieux en le disant.

Forcément, avec le temps, j’ai appris à ne plus dire les choses aussi brutalement, à dire les choses autrement, à essayer d’expliquer. Non, pas le fond du problème, surtout pas, mais au moins à assumer cette difficulté. Cette grosse difficulté relationnelle.

Alors, tout en ne résolvant rien à la névrose de fond, j’ai quand même bien travaillé, entouré de beaucoup. Peu ont compris, certains (bon okay, notamment un …) en ont pris plein la tête, mais je suis bien content des progrès que j’ai fait, et qui sont, par exemple, visibles ici :

Je n’aurai jamais pu poster il y a quelques temps ce genre de trucs (en même temps le photographe comme l’appareil me rendent une bonne dizaine de kg en moins, sans photoshop – chapeau).

Donc ça va mieux, quelques rechutes, par-ci par-là, mais sur bien des points je suis assez fier de moi.

Hier soir, la personne qui m’avait posé la question, donc, m’a dit au détour d’une conversation « c’était moi ». Le billet que j’avais fait, et l’importance que j’y avais mis lui avait fait peur et du coup elle n’avait pas osé se dévoiler à l’époque.

Bizarrement, je n’y avais pas pensé, mais ça aurait dû me traverser l’esprit. La boucle est bouclée et le sort s’amuse. Mais finalement, qui pouvait avoir plus de poids que toi pour que je puisse essayer d’imaginer que cela puisse être l’embryon d’un compliment sincère ? Hein ? Qui ? Par la personne qui – bien involontairement - a représenté pour moi tout le contraire de ces sentiments. Celle que je n’aurai jamais cru pouvoir supporter plus de 2 minutes près de moi, et avec qui maintenant, j’ai plaisir à dévorer un plat de sushis sur mon canapé.

Alors, depuis hier soir, je me répète que cela peut être pensé, que ce n’est pas forcément une donnée immuable, et je me dis qu’un jour je m’aimerai.

Ce serait tellement confortable, de ne plus avoir peur, de tuer Peur Boy, définitivement, genre au zippo dans une mare de pétrole (« crève pourriture communiste »), pour donner naissance à autre chose. Le même en mieux, qui se pose moins de questions, et surtout qui s’assume. Bear Boy. LOL. Je me fais rire tout seul parfois.

Enfin bon voilà, ce que j’ai passé mon temps à tangenter sur ce blog apparaît, et c’est finalement pas si mal : CDdB est un boudin qui ne s’aime pas. Voilà, c’est dit. Presque plus difficile qu’un coming-out, le fating out.

Ah oui, et hier j’ai remis un pantalon que je n’avais pas enfilé depuis 6 mois. J’ai laissé tomber mon jean immonde. C’est pas beau ça ?

Franchement, comme rarement, je suis fier de moi.

Pas vous ?

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BDSM, lopes et lopeurs

Quelle ne fut pas ma surprise hier, en traînant mes guêtres sur Twitter (où je traine de temps en temps, ne serait-ce que pour me conforter dans l’idée que j’ai bien fait d’en sortir ^^), de tomber sur ce billet de Tarvalanion.

Alors, déjà bizarre parce que (i) Tarvalanion et (ii) le thème.

Tarvalanion fait partie des blogueurs que je lis très épisodiquement, et que je ne connais pas. Enfin si, je le connais de nom, mais je ne l’ai jamais vu. Et force m’est de constater qu’il ne connaît personne que je connais en vrai, ce qui du coup ne facilite pas les rapprochements (si en plus vous rajoutez qu’il habite dans la ville à la circulation la plus sinistrée de France). J’ai donc ressenti plusieurs sentiments en lisant le billet de Tarvalanion.

Déjà, l’étonnement de lire un billet sur le BDSM sur un pédéblog. On connaît la pédéblogosphère, et ceux qui mettent des choses cochonnes sont identifiés, les autres n’en mettent pas.
Certains s’encanaillent parfois, mais ça reste assez délimité, et assez princesse. Chacun a son rôle, et les vaches sont assez bien gardées. Le blog étant avant tout une question d’image, il est très concevable que personne ne se risque à poster des choses qui pourraient ternir sa e-reputation, ou bien sa capacité à intercepter un flux entrant de numéros de téléphones pour dates-sympas-mais-non-c’est-pas-juste-un-plan-q.

Moi-même, il m’arrive rarement de mentionner les choses dont je ne suis pas fier, que ce soit au lit ou ailleurs.

Ensuite, le motif :

Une rumeur circulant en ce moment sur twitter fait état d’un intérêt de ma part pour le SM. Je ne sais pas trop d’où ça vient. Mais cette rumeur n’est pas vraiment sans fondement. Je préfère donc la gérer moi-même. Il se trouve effectivement que je suis légèrement fétichiste et intéressé par le BDSM.

Bon, déjà, je savais que Twitter c’est un peu le repère des putes à frange, vu qu’il faut faire court, donc plutôt mordant et si possible en live, donc sujet à ragoter à mort. Ceci dit, j’ai été très étonné car – à titre personnel – je vivrai très mal que ce genre de rumeur circule. Heureusement, je ne suis pas influent (ouf). Bon, mais ce genre de trucs c’est vaguement anxiogène pour un parano de l’anonymat comme moi.

Donc, on applaudit Tarval pour le billet, et, comme on est ni (i) obtu (ii) moqueur (iii) choquable et qu’on est – au fond, une grosse cochonne qui ne s’assume pas, on file lire.

Alexétif

Je ne vous ai jamais parlé d’Alexétif ? Quelle honte. ***

Vous vous rappelez de Marc & Sophie ? Rox et Rouky ? Sarko & Fillon ?

Bon bah voilà, Alexétif c’est un peu ça pour GK et moi : notre autre inséparable.


The wedding 1 year ago. GK en Hermès, T en beauté, A débraillé, Moi décalé.

Notre coupledhétéros attitré en quelque sorte.

Pour ceux qui n’ont pas vus d’hétéros depuis le lycée, un coupledhétéro c’est comme un couple de potes pédés sauf que tu fais pas de plan à 4 (ni à 8 d’ailleurs) et qu’ils viennent à tes soirées plutôt avec du champagne qu’avec du GHB.

Avec tes potes hétéros, tu peux pas aller au Dépôt, ni à l’Eagle, mais tu passes de très bonnes soirées quand même. Si si.

Et des soirées, on en passe quelques unes ensemble. En gros une par semaine, parfois deux. Et je vous parle pas des week-ends à Deauville, à Bordeaux, des vacances cet été ou des fins de soirée au Ritz comme hier soir.

Avec la partie masculine d’Alexétif, on s’est rencontrés à la fac. En MSTCF à l’IAE d’Orléans exactement. Et je peux vous dire que passer un diplôme avec un nom de maladie honteuse, c’est pas tous les jours facile. Heureusement cette filière a disparu depuis. A l’époque, A, c’était l’archétype du petit bourge parisien qui s’était exilé en province (en même temps, tout le monde ne peut pas avoir Dauphine…). Il teubait tout ce qui bougeait et qui avait une chatte, il conduisait sa clio 2 verte comme un pékos, buvait comme Véronique Sanson à la grande époque. Et on peut pas dire qu’on était franchement copains.

Indifférence au début : il adorait monter à cheval alors que j’ai pour cet animal une admiration toute relative, sauf en tartare ; je pensais qu’il n’aimait pas vraiment les garçons qui aiment les garçons, et faire des efforts de ce côtè là me paraissait trahir la cause.

Le jour où j’ai amené GK à une soirée de promo (oui, on était déjà ensemble à cette époque là…) on aurait dit qu’il venait de croiser Bernadette Soubirou en train de se faire fister. M’enfin bon, il a survécu, mais sans visiblement apprécier le truc.

Pendant nos études, il a rencontré son alter ego, que je ne connaissais pas pour ma part. Nos deux ans de maîtrise finies (pour moi sans rattrapage …), nous étions prêts à nous séparer, et à surtout ne pas – ô grand jamais – nous revoir. D’autant que nous ne nous parlions pas. Mais alors pas du tout.

Et je ne sais pas pourquoi, il m’a dit qu’il rentrait à Paris, je lui disais que j’allais y rejoindre GK qui faisait sa licence à Sorbonne. Il m’a alors proposé de l’accompagner au salon des 2è cycles à la porte Champerret (que de symboles dans tout cela). De très mauvais coeur, j’acceptai (mais je ne sais pas dire non), et une fois le salon fini nous décidions de postuler – lui à Dauphine (les vieux fantasmes ont la vie dure) – moi à Sorbonne (j’aurai voulu être un artiste).

Le jour de la rentrée à Sorbonne, lors de l’appel des noms, une charmante blondinette se retourne, et me demande si je connais A. (putain, il va vraiment pas me lâcher ce morback !). C’était sa meilleure amie.

De fil en aiguille, on s’est retrouvés invités à dîner chez eux, avec la meilleure amie en question. Nous avons rencontré T, sa charmante (et courageuse) moitié, et on a bien accroché. Entre 2005 et 2010 donc, on peut dire qu’ils sont devenus une composante importante de notre vie quotidienne. Si vous rajoutez en plus qu’ils font délicieusement la cuisine, qu’ils adorent recevoir (gros lol, nous on ne reçoit pas …), et qu’en plus ils sont drôles et adorables, vous comprendrez qu’il y a mille et une raison de les aimer.

Avec en plus la satisfaction d’avoir transformé ce gros con de droite d’A en gros con de droite plutôt drôle qui connaît le moignoning, adore faire des soirées avec des pédés, et assume son penchant pour le drunk-roulage de pelles entre mecs.

Seulement, voilà, depuis quelques mois ils n’ont plus qu’une idée en tête : se reproduire et acheter une maison. Ils ont donc jeté leur dévolu sur la ville d’Alain Juppé, et ont patiemment organisé leur mutation/déménagement/nouvelle maison. On a déjà pris les billets pour aller les voir en juillet, ils quittent Paris le 24 juin. Mais bon, moi ça me rend un peu triste de les laisser partir, mais je veux pas les culpabiliser non plus (quoique si je voulais vraiment pas les culpabiliser j’en parlerai pas ici ^^). M’enfin voilà, nos deux hétéros préférés vont nous manquer.

Bon, en même temps, on récupère une résidence secondaire dans le 33 (le pays des cannelés et des surfeurs), des amis contents de leur nouvelle vie, qui vont se faire plein de potes – mais pas nous oublier hein !, et surtout, surtout, une nouvelle ligne budgétaire : les billets de TGV ;)

La place est donc libre pour ceux qui aimeraient nous avoir à dîner de façon hebdomadaire, mais il faut que la table soit bonne, et que vous supportiez de me voir arriver après le boulot (donc tard), et repartir tôt parce que moi-je-suis-crevé-et-j’ai-besoin-de-dormir.

Ouh là là je fais dans l’autodérision moi aujourd’hui …

*** : d’accord, je vous l’ai déjà raconté, 20 fois, mais jamais sur ce blog !

Peur-boy

Je ne sais pas ce qui se passe. J’ai l’impression d’entamer lentement une mutation génétique. Mon moi, ce de quoi je suis fait, ce de quoi je me suis nourri, ce de quoi je me suis détruit, change petit à petit, et va – doucement mais sûrement – vers une destination inconnue.

Samedi dernier, alors que je me baladais, on m’a abordé. On m’a abordé. On m’a abordé. Vous n’imaginez pas. Et on m’a dit « t’es mignon, j’avoue ».

Nonobstant mon envie irrépressible de chanter du Guy Mardel à ce charmant jeune homme, j’ai répondu. Merci. Après avoir pris le scud en pleine tête, là, direct, tout de suite. limite sonné que je me raccroche à ma Dunhill.

Et je n’ai pas dormi de la nuit (bon, la nuit du dimanche au lundi hein, parce que pour celle du samedi, vous repasserez). Cette phrase a résonné dans ma tête tant et tant que j’ai envie de vomir rien qu’à l’écrire.

J’ai bientôt 28 ans. J’aurai changé 4 fois l’âge de mon header, j’aurai avancé plus en 3 ans que sur le long de ma courte vie.  A 18 ans, je me détestais, à 20 ans, je me méprisais, à 25 ans je me dégoutais. A 28 ans, commence-je à m’aimer ?

Pas facile quand notre créateur a mis le mental de princesse Sarah dans le corps de Carlos.

L’erreur est humaine, soyons zen.

Ca n’a pas été facile d’écrire sur ce blog. De faire quelquechose de mes dix doigts, qui ne soit ni professionnel, ni très facile, finalement. Ca n’a pas été facile de rencontrer autant de monde. Ca a été encore plus dur de réaliser à quelles point certaines amitiés ont compté, et comptent encore, et compteront pour longtemps j’espère. Mais je l’ai fait, et je n’en suis pas peu fier, étant donné l’effort que cela a pu représenter.

Ca n’a pas été si difficile de me mettre à nu, puisque tout le monde le sait : c’est vrai et c’est faux, c’est partial et romancé. Mais le fond est là. Il a fallu le faire. Paraître, et se faire aimer, un petit peu. Rencontrer de nouvelles gens, se prendre ses limites dans la gueule, ses clichés, ses névroses, ses peurs, ses préjugés, ses stress. Et vous ne pourrez jamais vous rendre compte à quel point ils sont nombreux.

Me confronter à des icônes qui auraient – en des temps pas si anciens – provoqué chez moi un malheur indicible et un désespoir annefrankien, fait prendre conscience de l’impasse dans laquelle je suis, aura finalement été la bonne solution. Celle que j’aurai dû adopter depuis longtemps. Non, ce n’est pas désespérant, c’est juste une donnée. Une nouvelle. Que je n’avais pas intégrée dans mon étroite carte du monde.

Mais, je ne m’attendais pas à ça : mon corps me prive de nourriture, je ne mange (presque) plus de desserts car mon corps n’en veut plus. C’était déjà un signe.

Faire des rêves pornos pour la quasi-première fois de ma vie aussi. J’aurai dû m’en douter.

Prendre conscience qu’à 28 ans je m’aimerai peut-être un peu, faire fi de cette donnée fixe et immuable : je suis un  gros thon, me dire que je peux plaire, et que j’ai plu, c’est une révolution. J’en connais un qui serait fier de moi. Oh, rien d’hallucinant, un petit quelquechose. Un état d’esprit, un zen relatif, un plaisir à déguster. Un changement, en ce qu’il est remarquable (au sens premier), et remarqué. Par moi du moins.

Si cela pouvait me permettre d’être plus lisible, linéaire et posé dans mes réactions et mes ressentis, ça serait vraiment chouette (et ça fatiguerait beaucoup moins mon entourage). En attendant, l’aventure continue, et c’est plutôt chouette …

Tu te demandais pourquoi improbable ? Tu penses pas que c’est (une partie) de la solution ? Ne me dis pas que t’avais jamais remarqué. Pourquoi penses-tu que j’ai raconté c-e-l-a à toi seul. C’est symbolique. Un jour on en discutera. Mais pas maintenant. S’il te plaît.

Notre seigneur étant parfois rieur, je m’aperçois que Mathilde est revenue. C’est chouette. Lui, il n’est pas un ami, pas improbable, c’est juste l’anti-moi. Faites que le Seigneur n’ait pas choisi cet homme comme but de ma transformation métaphysique. Papa ne s’en remettrait pas.

Odobaron

Vous pensiez que je n’étais pas tout à fait en forme ? C’est bien pire …

Mon cher vieil ami,

Tu me féliciteras d’avoir ôté l’adjectif improbable, qui te caractérise pourtant toujours autant quand je nous compare.

J’espère que ma missive te trouvera en grande forme, sur l’île de Lost où tu t’es réfugié. La faille spatio-temporelle du continuum espace-temps qui nous sépare m’a empêché de te donner de plus amples nouvelles.

Tu salueras de ma part Jack et Kate, j’espère qu’ils sont aussi cons à en vrai qu’à la télé, et je me demande ce que tu as trouvé à sauter sur l’île. Mais là n’est pas le problème, mon doux ami. Je prends la plume pour dans un tout autre dessein. Help, I need somebody comme disait Annie Cordy dans sa cabane au Canada.

Je suis très inquiet. Vraiment.

Je ne voulais pas t’alarmer lors de notre dernière conversation sur Facebook, mais ici, à Paris, il se passe des choses très inquiétantes.

Quand tu as quitté notre bon vieil empire de l’Ouest, ça n’allait déjà pas très bien : notre empereur avait perdu toute raison. L’interdiction des manifestations et des slips Aussiebum avait déjà laissé place à un niaisement général dont tu avais été témoin, avant de décider de ne pas mourir sur cette scène-ci, mais sur celle de l’île sur laquelle on ne comprend rien (en tout cas moi).

Figure-toi que depuis ton départ, à peine rentré du pays de l’oncle ken, ma surprise allait grandissante, et n’a fait qu’accroître mon malaise.

Cela a commencé avec l’éruption du volcan Eyjafjöll. Le nuage s’est répandu sur Paris, et plus rien n’a jamais été comme avant.

Je t’avais dit que je n’étais pas en grande forme, mes lecteurs, toujours subtils et délicats (sauf quand il s’agit de deviner ce que j’ai fait dans la nuit de samedi à dimanche), l’ont bien compris dans le dernier billet. La version officielle est, qu’en raison de ma ménopause avancée, je ne dors ni ne mange. C’est totalement incongru, me connaissant, mais je n’ai pas trouvé meilleur mensonge. Ceci dit, pour le conforter, il a fallu que je me gave de dragées fuca, afin d’éliminer et de rendre mon histoire crédible.

Cette angoisse, du « quelquechose a changé, l’air semble plus léger, c’est indéfinissable », a été confirmée dès mon retour massif sur la blogosphère, que j’avais abandonné quelques temps alors par manque de temps, entre mes deux traitements hormonaux.

Imagine le séisme : Matoo a fermé son blog, et a ouvert un skyblog «Matoobranleleoueb », où il s’exhibe dans d’indescriptibles postures, pour faire venir les visiteurs. Te rends-tu compte du désarroi qu’il provoque chez les pédé-blogueurs de notre génération ?

Enfin, pédé-blogueurs, parlons plutôt de ce qu’il en reste :

  • Oslo Ohara a fermé tous ses blogs, et est parti vivre en Russie avec un routier nommé Igor, ils sillonnent les routes, au volant d’un camion Hello Kitty ;
  • Bradshaw a changé de ligne éditoriale : son blog s’appelle maintenant Chantal Goya : il a toujours la patate et nous parle des bisounours tout le temps .C’en est fatiguant de positivisme et d’optimisme, on dirait moi ;
  • Misterbitch s’est abonné au Figaro, et s’est retiré en Corrèze. Il a épousé la profession comptable, et se passionne maintenant pour les livres de comptes. Il est marié avec une fille (on m’a dit qu’elle s’appelait Marie-Reine), et attend son troisième bambin ;
  • Jonathan D. s’est remis à bloguer : mais pour bloguer quoi, il faut bien le dire. Il a abandonné toute hygiène, son appartement, et erre maintenant dans les labyrinthes des Tuileries, à la tête d’un mouvement séparatiste « Bree est une vieille pute », qui vise à annihiler toute forme de propreté, de rangement, et d’ordre ;
  • Steppen a ouvert une antenne de SOS Amitié, et il réconforte maintenant les sans-amis, les tristes, les dépressifs, ceux qui ont besoin de s’épancher.

Enfin, en ce qui concerne mon couple, je ne sais plus quoi penser : GK a pris la direction de Gaylib, et vise un poste de direction de l’UMP au prochain congrès. Je suis obligé de défendre un point de vue gauchiste à la maison pour l’empêcher de n’amener que ses amis de droite, et c’est assez pénible.

Devant cette débandade générale, et du fait de sa jeunesse, Barrette a décidé de venir te rejoindre dès qu’elle le pourra, j’espère que tu pourras prendre soin d’elle.

De mon côté, je tiens le coup, mais j’aperçois quelques changements. Je commence à devenir baisable. Tu imagines ?

Heureusement, certaines choses ne changent pas. Tu subodores de quoi je parle, mais je crois qu’on nous lit, tu comprendras aisément que je ne peux en dire plus, pas tant que rien n’est sécurisé.

Mon cher Baron, ne panique pas, mais veille au grain. Il se passe des choses bizarres ici. Ca pourrait mal tourner.

Ton vieux copain,

Fidèlement,

CDDB.

PS : si tu reviens, j’annule tout.

Heureuse(s) surprise(s)

Hier, j’ai passé la journée à faire les trucs que je n’ai pas eu le temps de faire cette semaine. J’ai vraiment du mal à boucler mes audits en temps et en heure, mais pour l’instant je surnage pas trop mal.

Par contre, ça ne va pas s’arranger avec mes deux séjours à l’étranger (où j’ai plus de mal à être réactif sur les mails et les dossiers en cours), et la persistance de mon N-1 à faire sa mauvaise tête, ce qui m’entraîne quand même dans des stress indicibles. Là où je me débrouille bien, c’est que j’arrive à gérer cette ambiance avec un calme relatif (quand on me connaît), et que personne ne voit à quel point je suis au taquet.

Dans la journée de samedi (entre mes courses, un déjeuner, plein de trucs relous à la maison, le déterrage d’un adaptateur électrique UK/FR, …) je suis passé au bureau, un peu, pour boucler deux ou trois trucs avant mon départ pour Birmingham, ce soir.

Enfin, Birmingham, demain je reprends le train à 6h25 (vive le décalage horaire …) pour le fin fond du pays de Galles, ici :


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Aurai-je la même baignoire que l’an dernier ?

Au programme de ce petit moment seul et tranquille, la validation de mon séjour aux Etats-Unis, puisque j’ai reçu les billets. Une erreur notoire, un stop de plus de 5 heures à Cincinnatti n’ont pas entamé ma bonne humeur quand j’ai vu qu’ils avaient dores et déjà préreservé les limos pour mes transferts, en plus d’avoir sans bronché accepté de me faire repartir de Chicago, où je file ensuite pour un week-end de folie avec Connie (l’intégrale en business, bien sûr, mais sur ce point je n’en attendais pas moins) …

Route de la Commission

La route de la commission, vous ne la connaissez pas. C’est normal, c’est le cas de beaucoup de gens. Pourtant, elle est mythique.

La route de la commission, c’est ici :


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Et si vous regardez, là, un peu en haut à gauche, vous apercevrez le château de Chambord.

Ce jour là, il arrête la voiture en bordure de route, là, juste après le coude que fait la route en traversant le Cosson.

Il me dit de prendre le volant. Tremblant, je m’exécute. Démarre lentement. Cette voiture n’est pas comme la 2CV sur laquelle j’ai appris à conduire, ni comme le Nevada de mon père.

Je conduis calmement jusqu’au pont de la canardière, le dépasse. Une voiture est derrière moi, je stresse. Je suis agrippé au volant, les jointures de mes mains sont blanches, mon souffle est court. Et, à côté de moi, il reste zen. On dirait un vieux truand, un parrain.

- Et si y’a les flics ?
- T’inquiète, je les connais

{long silence}

- Enfin sauf si c’est les motards, là tu t’arrêtes et tu te ranges !

Arrivé presque à Thoury, tremblant et le dos parcouru de sueurs froides, je me gare et lui laisse reprendre le volant. Il fait demi-tour et rentre vers Chambord.

Nous sommes en 1994, j’ai 12 ans et j’ai conduit pour la première fois sur une vraie route. Je suis tétanisé, et le truand qui m’a incité à cette débauche était mon grand-père.

Aujourd’hui, ça fait 8 ans qu’il est parti.

PS : et si vous voulez aller voir mémé, c’est juste en dessous du « d » de « de la grange »

Régressions

Voilà. Fin de l’histoire. Enfin presque.

Il y a une semaine pile, je sortais peu à peu de la torpeur de l’anesthésie.

Le docteur Frau, mon chirurgien, adepte de la rapidité, mais ni de la pédagogie, ni de la gentillesse, passait me voir le lendemain matin : 

on l’a bien refroidi, celle-là ! 

Oui, je sais, vu comme ça, il a pas l’air sympa. Mais, on me l’a confirmé car j’ai recoupé les sources à de nombreuses reprises, c’est incontestablement un des meilleurs. Il est très dynamique, mais malheureusement peu enclin à expliquer les choses et à rassurer. C’est un peu l’usine, quoi. Un vrai médecin de qualité.

Deux heures après, j’étais fin prêt pour partir de la clinique. GK arrivait pour m’accompagner à la maison, nous dévorions un Mac Do (je me l’étais promis après la moussaka) le midi, et je pouvais enfin envisager une semaine de repos.

De la dépression à cause des repas dans les cliniques …

Cette opération doit normalement marquer la fin de mon hémangioblastome. C’est le nom savant du bidule. Ce midi, j’ai revu mon chirurgien, qui m’a confirmé que le machin régressait. Prochain épisode en janvier 2009 pour une visite de contrôle.

J’ai hésité. Je voulais vous montrer une photo de mon IRM, mais j’avais peur que quelqu’un de qualifié, passant sur ce blog, y voit une tumeur (forcément maligne … moi ? Drama Queen ?) que la radiologue n’avait pas vu. Le scanner abdo-thoracique (mon cher Scanner d’ailleurs, car la sécurité sociale ne veut pas me rembourser à cause d’une sombre histoire de papiers) était beaucoup trop intime pour que je puisse dévoiler mon intimité à la face du monde. Ma rate et mon foie sont à moi, et ça ne regarde personne.

Alors j’ai décidé de vous présenter mon angiome, sous deux angles différents :

A ce jour, j’ai encore pour 1 mois d’anti-inflammatoires, de cicatrisants, de vitamine A (notamment en pommade, avez-vous sérieusement essayé de vous mettre de la pommade dans l’oeil ? eh bien essayez, parce que moi, ça me sidère tellement c’est chiant …), et puis je retournerai le voir pour qu’il puisse me dire ce qu’il en pense.
Mais il me l’a dit

la tumeur régresse

Mon oeil a retrouvé un aspect quasi-normal, quelques vaisseaux sont encore éclatés, mais ce n’est rien à côté de l’hémorragie sous-conjonctivale de fin août :

Enfin, c’est l’occasion de commencer à tourner la page sur un truc qui m’obsède depuis 4 mois. Un truc que personne ne voit, un truc que les gens ont du mal à imaginer, et, surtout un truc qui leur fait peur.

Je n’ai pratiquement expliqué à personne que mon opération a consisté à tourner mon oeil gauche vers la droite (comme si je louchais) à l’extrême, pour pouvoir insérer directement par la conjonctive une canule permettant d’arroser la rétine en azote liquide, brûlant ainsi les tissus pour faire disparaître la tumeur. En fait, si, j’ai commencé à expliquer, mais les gens grimaçaient tellement que je me suis bien vite arrêté.

Cette tumeur est compliquée. Pas parce qu’elle est grave, ça fait 3 mois que je sais que ce n’est pas le cas. Non, elle me terrorise. Je m’en suis aperçu parce que j’avais un voile qui était – subitement, en moins de deux secondes – tombé sur mon oeil gauche. Ca, c’était la tumeur qui saignait, donc seulement le symptome le plus évident. Néanmoins, il est difficile d’expliquer qu’à ce stade je ne suis pas – physiologiquement – guéri, et ne le serai probablement jamais : l’hémorragie a laissé des traces, et j’ai toujours des saletés dans le vitré. A ce stade, ces corps flottants ne disparaitront probablement pas (je vais quand même réessayer me cure de 3 litres de flotte par jour), car le vitré ne se régénère pas vite. C’est complètement bénin, mais très stressant.

Je n’en dormais plus en août, en septembre ça m’énervait, en octobre je pensais que ça partirait, et là je me rends compte que le médecin avait dit que ça pouvait ne pas totalement disparaître. Et c’est le cas.

Whatever, je peux reprendre le boulot l’esprit tranquille demain. Je me suis même autorisé le droit d’être une journée pépère au bureau avant d’aller en clientèle. Je n’irai que jeudi et vendredi. Quitte à avoir pris du retard, autant prendre mon temps pour le rattraper.

Je pense que d’ici peu je vais regretter de m’être arrêté 12 jours complets, car avec ce qui est en train d’arriver sur mon bureau, ça va bientôt être la crise du logement dans ma banette courrier.

Il va falloir que je sois un bon chef, calme, patient, travailleur et tout et tout.

En attendant, je vais profiter de ma dernière après-midi de repos.

Ah oui, j’oubliais, je suis quand même allé chez le coiffeur, parce qu’entre le séjour à la clinique et le temps depuis lequel je n’y étais pas allé, je ressemblais à moi-même quelques années auparavant …

« J’t’avais bien dit qu’il était déjà dépressif enfant ». Collection particulière Darval de Bayen, photo prise de la terrasse à Colombey

Question de fréquence, ou d’envie …

Ce blog a été des plus instables, voire quelque peu poussif ces derniers temps.
De la phase grande dépression sitôt rentré de Malaga, les examens, la reprise du boulot, la phase Skyblog à Lisboa, et puis depuis quelques temps un retour au calme.

Seulement, je n’ai que très peu envie d’écrire. J’ai envie de m’atteler à des tas de trucs passionnants en rapport avec ce blog : supprimer les vieux liens de Blogspot (quelques images y pointent encore, mais il me reste deux pages d’articles à faire : récupérer l’image, l’uploader, modifier le lien, vérifier, …), choisir, ou plutôt adapter un nouveau thème, qui fera probablement sauter toutes mes images calibrées sur du 480 de large.
Enfin bref, tout ça aurait plutôt tendance à m’amuser, mais écrire, pas tellement en fait.

Il y eut bien ma rancune envers la profession médicale que je ruminais depuis que je suis confronté de près à ce monde, en tant que patient (et quand un toubib vous dit « rétine qui saigne, pronostic réservé, je ne peux vous rassurer, mais au mieux vous gardez votre oeil », je vous jure que vous ruminez…), et que j’ai réussi à coucher sur la toile, mais là encore l’envie d’argumenter, de développer, d’expliquer, m’échappe un peu.

Pour le reste, pas grand chose. La crise m’amuse plus qu’autre chose. Les analyses erronées des journalistes côtoient les propos simplistes de nos gouvernants. J’attends avec impatience ceux qui pourront faire leur marché tranquillement, les sociétés aux trésoreries pléthoriques (dont certains sont mes clients) qui pourront faire des acquisitions mirobolantes pour un prix sordide (Hein Joseph ?), voire même exiger d’un pays qu’il conserve une minorité inutile (Hein les Belges ?), ou alors reprenne à 90% le véhicule ad-hoc créé pour héberger les actifs pourris (Hein les Belges/Luxembourgeois bis ?) de la société rachetée.

J’attends aussi avec impatience que les Banques Populaires et Caisse d’Epargne trouvent une solution à leur épineux problème qu’est Natixis. Ce qui devait être la banque de financement et d’investissement (le pendant de la BFI de la Société Générale) la meilleure du monde (je vous rappelle qu’Ixis en son temps était une excellente banque d’affaires) n’est malheureusement qu’un aspirateur à cash pour ces groupes, elle contient toutefois quelques pépites (je ne parle pas des stock options, vu le cours de la bourse …).

Je pense qu’on va bien rigoler. J’ai l’impression que tous les Français se régalent devant cette crise qui leur permet de conforter leur idée que l’économie part dans tous les sens (avec des modèles mathématiques auxquels les dirigeants, auditeurs, organismes de régulation ne comprennent rien – demander à Jérôme Kerviel), et que finalement, la récession ça ne sera pas pire qu’avant, mais au moins on saura pourquoi on boucle pas les fins de mois.

La seule chose qui me déprime c’est qu’une fois encore, il faudra nationaliser. Je ne sais pas qui, en France, sera nationalisé (à part Dexia qui je crois l’a déjà été, mais je doute que la France en ait pris le contrôle), mais il y en aura probablement. J’aimerais savoir si là encore on compte redresser la boîte et la vendre à vil prix aux petits porteurs au moment où elle fera des bénéfices, histoire de faire plaisir au ménage moyen et lui offrir une plus-value exonérée d’impôt (elles sont quasiment toujours exonérées pour les petits porteurs, comme pour les dividendes… Qui a dit que la France était un pays à forte fiscalité ?).

Mais si, rappelez vous, comme celle-là, celle-là, celle-là, ou encore celle-ci, ou bien celle-ci (qui a quand même donné lieu à appels d’offres d’où gros gavages chez les potes du premier ministre en place à l’époque).

En attendant, je regrette d’avoir payé mon solde d’impôt (un mois de salaire quand même, sans compter les tiers provisionnels) rubis sur l’ongle. Je n’ai plus un sou de cash pour pouvoir investir dans des titres pourtant de qualité et qui ont bien dévissé (comme celui-là, ou celui-là).

Autant je m’abstiendrai sur les valeurs phares du CAC 40 (tout comme celles du SBF d’ailleurs), autant j’aurai tendance à bourriner sur les assureurs et banquiers qui ont des portefeuilles peu risqués (ou qui ont profité d’une fraude pour dégraisser, ou bien qui les logent dans des filiales bien cachées) pour tenter une plus-value croustillante sur 2 ou 3 ans. N’oublions pas quand même que les meilleures prévisions pour 2009 sont catastrophiques et que les secteurs classiques du négoce et de l’industrie vont morfler leur race.

Je me rappelle l’année 2001, J6M (qui était encore à l’époque J2M) s’installe sur Park Avenue. Le monde financier ne bruisse que de Vivendi. J’achetais puis revendais les actions, empochant des plus-values substantielles (du 20-30% annuel en équivalent), sans savoir qu’au même moment un chercheur de ce qui fut ma future faculté montrait que la droite de régression de la fonction y=ax où y est le cours de bourse et ax le nombre de fois où J6M faisait la une du Time montrait un coefficient tendant vers 1. Je reprends pour les deux du fond qui ne m’ont pas écouté : le cours de Vivendi progressait au fur et à mesure que J6M faisait la une des journaux.

Et je ne parlerai pas de cette époque bénie, 1998-1999 où ouvrir un site internet (pas un site marchand, non, un site institutionnel) faisait grimper instantanément le cours de bourse. Où encore, à l’époque où les gens ne juraient que par les groupes (on enseignait alors le droit des groupes à la fac, alors que précisément ce droit n’existe pas !), et où tout le monde a rajouté « Groupe » à la dénomination sociale. Alors que la mode d’aujourd’hui est à la filialisation (sauf pour France Télécom, tiens).

Enfin bref, j’ai plein de choses à dire mais peu d’envies de les dire.

Le plus important en ce moment à mon petit niveau est de m’apercevoir que je suis de moins en moins addict aux blogs (hormis ceux qui sont en lien et spécialement celui-là), mais que je vais mieux. Beaucoup mieux.

Je ne prends plus rien pour dormir (j’avais fini par m’ataraxer la tête, voire m’imovaner l’organisme par lassitude des cauchemars), j’aime à nouveau mon travail, ma vie, mon oeil gauche.

Je me suis encore une fois laissé un peu emporter sur mon agenda (ce week-end Orléans, Tours le week-end prochain, Mulhouse ensuite), du coup je loupe de mémorables soirées….

Promis, sur novembre, je me calme. Je n’ai que deux soirées de prévues le premier week-end, et RIEN pour celui du 8 novembre (qui fera quand même 4 jours car mon boss est généreux). La fin du mois de novembre est plus floue car cela dépendra de mon opération et de ses suites (une semaine de « vacances » forcées s’ouvre à moi, je pense que je vais aller me reposer à la campagne).

J’espère donc avoir le temps de travailler sur un nouveau template (je suis d’ailleurs demandeur de conseils si quelques uns d’entre vous veulent bien faire effet de banc test), et peut-être en profiter pour organiser une rencontre de blogueurs. Oui, cela se fait rare ces temps-ci, et c’est dommage.

Quoique dans la tourmente de ma déprime, j’ai rencontré lui, lui, lui, et lui, mais ce fut expédié, surtout pour les deux derniers qui n’ont même pas eu le temps de s’apercevoir quel monstre sacré ils croisaient …

Je reçois la pute en chef et son mari cette semaine, une pendaison de crémaillère et quelques autres soirées à prévoir.
Ma résolution de la semaine : bloguer régulièrement, ce qui avec la nouvelle saison de Gossip Girl, Desperate Housewives, Grey’s Anatomy, Criminal Minds, et le reste, ne va pas être facile.

Pour ceux qui voudraient un peu de psychologie bien faite sur les subprimes, je vous conseille le téléchargement du document ici

En fait

Je dois vous le dire, je suis en mode
{absolument gauthier on}
j’attends impatiemment le mode {/absolument gauthier off},
mais ça ne vient pas.
Je mourrai vieux, ridé, alcoolique, avec un oeil en moins (oui parce que de ce côté là ça ne s’arrange pas, prévoyez Interflora pour l’hôpital américain mi-novembre …), et des minets que je paierai (moi aussi je peux ne pas faire dans la finesse – mais je t’aime – et tu la méritais bien celle-là)

Viser la lune,
ça me fait pas peur
même à l’usure j’y crois encore et au coeur

je n’ai qu’une philosophie
être accepté comme je suis
malgré tout ce qu’on me dit
je reste poing levé

pour le meilleur comme le pire
{…}
malgré nos peines nos différences,
{…}
moi je lèverai le poing, encore plus haut, encore plus loin
{…}

je ne suis pas comme tous ces mecs,
qui ont des visages qu’on déshabille
moi j’ai des formes et des rondeurs,
ça sert à réchauffer les coeurs

 


Découvrez Amel Bent!



Un mois par semaine

C’est sa peau contre ma peau et je suis avec elle (mon dieu qu’elle est belle)

Il y a un peu plus d’un mois…

Monsieur Darval de Bayen, y a-t-il des antécédents de cancer du rein ou de tumeur au cerveau dans votre famille ?

Depuis, rester focused. Focused sur les gouttes, les rendez-vous, puis les vacances. Sas de décompression essentiel qui m’a permis de sereinement envisager la fin de ce mois. Précisément.
Les examens, le bloc opératoire, l’aiguille qui rentre dans mon oeil

Je pique

La crise de larmes d’après l’injection, le retour en taxi, le scanner, le manipulateur radio qui me laboure le bras, un hématome de 10 centimètres, mon oeil qui fait peur aux enfants, et, la radiologue de l’IRM.

Clairement, un hémangioblastome, c’est une espérance de vie de 5 ans, pas beaucoup plus.

Alors cherchez-le et ne le trouvez pas !

Et puis les résultats bons. Tous. Le retour de l’IRM. La possibilité d’annoncer à tout le monde que non, ce n’est ni cancéreux ni génétique, alors que les probabilités étaient contre moi. Le retour à la maison.

Tu déjeunes pour fêter ça ?

Pour sûr, oui !

Allez, calme-toi, c’est fini

Le retour après le déjeuner, les cafés, les cigarettes, et les sourires complices. La sieste de 4 heures dans mon canapé. Epuisé. Rincé. Vidé.
Et là, le corps qui se met à avoir des exigences. Pas le corps, en fait, non, le cerveau.

Bon, tu as compris maintenant ?

Non !

Alors tu dois prendre du recul, beaucoup de recul

C’est déjà fait. J’ai pensé à la cigarette, à mes poumons, mes artères, mes antécédents vasculaires, promis j’ai pensé à tout ça, et je vais agir, bientôt, un jour !

Okay, mais penses-y. Tu n’es de toutes façons pas en état de reprendre le boulot, pas vrai ?

Même le patron en a convenu. Preuve que mon Djimili perso ne déboulonnait pas totalement.
Reprise le 3 septembre, comme les étudiants du lycée Carnot.
Le repos aura été physiquement salutaire, physiquement au moins. Quoique :

Pleurer devant les experts parce que quand même c’est triste, c’est étonnant

Se réveiller presque toutes les nuits au moins une fois, voire deux, pour vérifier que les deux yeux fonctionnent, c’est assez inquiétant

Boucler sur les même réflexions, les angoisses, c’est embêtant

Appeler ses amis pour leur dire simplement « j’ai connu meilleure période dans ma vie, j’ai peur, je suis terrorisé », ce n’est pas banal – même pour l’éponge que je suis

Arriver à dire « je ne vais pas bien, mais vraiment pas bien du tout », c’est un progrès immense

Avoir une boule dans la gorge du matin au soir ce n’est vraiment pas agréable

Non, mon bureau ne me manque pas. Mais je crois que je deviens guedin.

Deauville sans Trintignant

Voilà l’idée que je me faisais de Deauville :

Enfin, c’est ce qu’on m’en avait dit.

Ceci dit, j’avais peu à peu changé d’idée. Saint Tropez, c’est cliché, mais c’est magnifique.

De plus, pour moi, Deauville, c’était aussi cela :

Une Sagan qui sort du casino de Deauville et achète la maison d’Ecquemauville, avec les 80,000 francs qu’elle vient de gagner, une Sagan qui manque de se tuer sur la route en y allant et restera accro à la morphine pour le reste de sa vie, une Sagan. Une Sagan que j’aime, qui avait du talent, mais n’a pu le montrer que dans peu de livres, l’écrasante majorité ayant été écrite pour rembourser les à-valoir payés par Julliard ou payer ses impôts. Une Sagan qui mourra cassée (au sens propre comme au figuré), abandonnée, ruinée, consommant pour 15.000 € de cocaïne par mois.

Une Sagan qui aurait pu faire mieux, mais qui a fait beaucoup, une Sagan qui était ébréchée d’abord, puis carrément à vif, au fur et à mesure des épreuves de la vie.
Une Sagan qui a tout vécu à fond, sans s’arrêter.

Il m’arrive de trouver que la vie est une horrible plaisanterie.

Françoise Sagan

Sans rire, moi aussi.
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Lui, l’Autre

« Moi, j’veux bien habiter porte de Pantin, mais faut que le mec vaille le coup »
Pierre Bénichou

Il s’est levé à 8 heures, après avoir remis 6 fois le rappel de son portable dur dur la première nouvelle de la journée cette autrichienne séquestrée 27 ans première pensée, ils sont fous ces autrichiens ils cumulent c’est un sport national ou quoi deuxième pensée, mon dieu quelle chance 27 ans sans penser, sans gérer, juste à rester chez soi calmement elle doit être malheureuse en ce moment léger mal de dos il doit être a concorde à 9h30 passer par le bureau avant 8h45, la cafetière Bialetti siffle 9h, parti.

Tac boum flashback, vendredi dernier.

Il décroche son téléphone dans l’ascenseur, sitôt sorti du bureau. Il ne comprends pas ce qu’on lui dit elle est morte il ne comprend pas il ne connaît plus cette personne et pourtant ça lui déchire le coeur tant et si bien qu’il arrivera chez lui – à pied – sans s’apercevoir qu’il n’a ni ses clés ni ses clopes ni son scooter et que le casque est aussi resté au bureau. Tout le monde trouvera ça drôle, lui aussi, mais il est le seul à savoir pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi.

Cette nouvelle ne devrait pas le toucher, pas du tout ça fait plusieurs années qu’il ne le connaît plus son fils, ça fait plusieurs années qu’il l’a snobé, l’Autre, alors que l’autre lui offrait son amitié ironie du sort l’Autre était EXACTEMENT dans la même situation que l’autre il enverra hypocritement un texto qui n’arrivera peut-être jamais car il n’est pas sûr d’avoir le bon téléphone il le racontera ça aide, mais il ne l’oubliera pas et les cauchemards reviendront un peu juste un peu ainsi que le mal de ventre ce noeud à l’estomac perpétuel et mortel enfin son petit cousin quasi rien a côté de CELUI d’il y a 7 ans mais il n’est pas content de le retrouver.

La vie s’amuse, parfois.

Toc, fini.
Pensées, Ipod, croise le patron au coin de foch quel bol, ça n’est jamais arrivé en 3 ans, et ça arrive aujourd’hui arrivée 9h08, courrier, que des trucs chiants, reparti aussi sec métro, George V, Champs-Elysees c’est mécanique, morne, limite glauque il se demande si il tiendra jusqu’à tard a priori non ce sera 19h30 maison.
La journée commence doucement pas déprimé, mais il est plein de spleen la journée sera dure il a quand même éclaté de rire devant le nouveau groupe facebook créé par ses amis « Jonathan D. Ferme pas ton Blog », a quand même envoyé un message a B pour savoir s’il n’était pas trop mort, tout en sachant qu’il le serait.
Tu as lu mon e-mail? Comment en parler sans en parler. Bref.
« Bon on en reparle pas, ok? Lol »
ouais, lool!
Il est Woody Allen, le génie en moins.
Il est content d’avoir pris un tartare, dans ce restaurant de la rue du Mont Thabor le tartare est délicieux.

Il a hâte de se reposer, reposer son esprit.