Faisons l’amour avant de nous dire adieu



1 an et pourtant, pas un jour sans que je pense à elle, ne serait-ce que quelques minutes. Elle est comme esquissée dans le revers de chaque chose. Je la retrouve parfois au coin d’un sourire, d’un regard, à l’ombre d’un souvenir. Et dans mes rêves, qu’elle peuple avec toute la distance que permet la mort.

Ce statut FB d’un de mes contacts lointains (je ne le connais pas, ce n’est pas un ami), m’a fait penser à beaucoup de choses.

Evidemment, ce genre de phrases me marque toujours puisque je suis personnellement concerné. En février prochain, cela fera 10 ans que Maman est décédée. J’en ai déjà longuement parlé sur ce blog, mais effectivement, c’est assez épatant de voir à quel point le temps fait effet. Il arrive que je passe une journée sans y penser, et dans ce cas je suis mi-étonné, mi fier de moi. Fier parce que la vie continue, étonné car elle me manque toujours beaucoup.

Mais les souvenirs, tant d’années après, sont plus doux, presque tous joyeux, je ne pense plus aux derniers moments mais uniquement aux bons souvenirs et à ce que l’on pourrait vivre de chouette aujourd’hui.

Bien sûr, quand je suis vraiment mal, je fais des mauvais rêves, par que mon inconscient travaille beaucoup avec les rêves mais ça reste épisodique, et surtout un signe que je dois faire quelque chose et prendre soin de moi.

En fait, idiotement, je redoute un seul jour. Pas l’anniversaire de sa mort, qui est une journée particulière, mais que je vis avec moi-même, non, c’est le jour où j’aurai passé plus de jour sur cette terre sans elle qu’avec elle. Soit en gros à 36 ans et demi passés. C’est bête, je sais, mas ça voudra dire que je serais un grand garçon, un homme lâché seul dans la vie.

En attendant, je garde précieusement ces souvenirs que j’ai – il est vrai – très peur d’oublier, et je fais de cet amour ce qu’il m’a laissé de mieux : deux sœurs géniales que j’adore et qui me le rendent bien.

Il y a quelques temps, une de mes cousines m’a contacté pour me dire que ma grand-tante de Blois, 88 ans, était au plus mal. Elle est vieille, seule, elle va en maison de retraite et tant physiquement que mentalement, ce n’est pas du tout le top.

Ma famille maternelle m’a rejeté entre 2001 et 2003 pour d’obscures raisons sur lesquelles il n’est pas intéressant de s’étendre.

Bizarrement, je savais depuis longtemps que cette situation arriverait, mais ça ne me perturbe pas plus que cela. Reste à voir quand ça se passera vraiment mais je crois qu’il ne sert à rien de revenir sur ce qui s’est passé, il vaut mieux se souvenir des moments joyeux que des querelles stériles que je ne maitrise pas. Ma seule préoccupation a été de m’assurer qu’elle ne souffre pas. Pour le reste, c’est fait, et je ne vois pas pourquoi je me tenterai de renouer le contact avec quelqu’un qui m’a renié purement et simplement.

Voilà, en gros mes pensées du soir alors que je suis in the middle of nowhere en clientèle, avec des journées de malades et peu de temps pour moi. Vous voyez que je ne vous oublie pas. Ce blog me manque à mort.

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10 digressions ↓

digression n°1 par Olivier Autissier
le 27 octobre 2010 à 22 h 35

Je ne sais pas si ça fera de moi un grand garçon, je crois c’est révolu, mais comme toi je « crains » ce jour où je me plais à dire que je serai plus vieux qu’elle. J’imagine que ça doit être une sensation assez particulière. Il arrivera dans moins de deux ans maintenant. C’est aussi pour ça que j’y pense sans doute.

digression n°2 par GOSSBEAU
le 28 octobre 2010 à 2 h 59

Très beau billet. Gros bisous mon CDDB !

digression n°3 par CW1
le 28 octobre 2010 à 5 h 38

Le temps fait effet : le CDB grandit… Le temps fée et fée : comme disait le corbeau Barbara : c’est du temps de leur vivant qu’il faut aimer ceux que l’on aime…

digression n°4 par CW1
le 28 octobre 2010 à 5 h 39

O, btw, j’ai apprécié ce billet : on frise le Pétrus…

digression n°5 par Sib
le 28 octobre 2010 à 12 h 18

Il est marrant, quand on y pense de voir ce que l’étendu du net nous amène.

Du boulot je « googolise » le nom d’un potentiel-futur-client-qui-de-toute-façon-se-contre-fou-de-ce-que-je-vais-lui-vendre.
Mignon qu’il s’appel (…). Google m’amène de page en page sur ce blog. Tout ça parceque le mot « Mignon » a été utilisé.

Il est marrant, quand on y pense, de s’apercevoir qu’on est toujours agréablement surpris des pensées d’inconnus.

Si je ne dérange pas, je vais me poser dans ce coin… et lire de temps à autre « des pensées d’inconnus ».

digression n°6 par Nicolas
le 28 octobre 2010 à 18 h 25

Un seul mot : Bravo :)

digression n°7 par Cédric Darval de Bayen
le 29 octobre 2010 à 10 h 47

@ Olivier : on a quelques points communs dis-moi =D
@ Gossbeau : bisou !
@ CW1 : Pétrus ! carrément ?
@ Sib : Merci pour ton commentaire qui m’a amusé et touché ! Bienvenu cher ami, il reste de la place là, à gauche, derrière Olivier qui vient d’arriver !
@ Nicolas : c’est de ta faute tout ça !

digression n°8 par Jonathan D.
le 1 novembre 2010 à 20 h 20

oui, pensons surtout aux belles choses, nous n’avons pas le temps ni l’énergie de penser à mal.

digression n°9 par cousin adoré
le 5 novembre 2010 à 0 h 12

:o D’accord avec Gossbeau. Comment je suis jaloux du commentaire de Sib !

digression n°10 par Compte à rebours — Les ÉtaDam de Cédric Darval de Bayen
le 30 janvier 2011 à 16 h 01

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Digresser en toute tranquillité ...