What’s up ?

19:26, un jeune homme arrive en claudiquant vers une table de café. L’un des rares bars du marais qui possède une terrasse ensoleillée toute la journée. Il n’y a plus de soleil, on voit les gens sortir du métro, les innombrables qui se donnent rendez-vous place sainte opportune, quoi de mieux que d’entamer un dialogue avec le cinglé qui sommeille en moi ?

C’était le 288eme jour, que tout s’est écroulé, en fait.

T’étais déjà un peu flingué mon pote

Oui, ça avait commencé avant, et c’était insidieux

Non mais quand même, tu as déconné. Si tu avais pas mis le doigt dans ce truc rien n’aurait commencé

Oui mais n’empêche que j’ai plutôt pas mal géré

Tu savais que quelqu’un te piquerait ton épanouissement, c’est fragile un épanouissement, surtout pour quelqu’un comme toi

Mais, pourquoi tu es revenu, pourquoi à ce moment là ? ça faisait bien une dizaine d’années que je ne t’avais pas vu

Je crois que tu me manquais

Oui, enfin S t’avait fait dégager rappelle-toi, et puis j’avais trouvé d’autres raisons de ne pas te revoir

On ne choisit pas, mon chéri, c’est moi qui décide.

Tu décides ? Mais je t’emmerde moi ! J’allais très bien avant que tu n’arrives ! J’avais dépassé tellement de choses, j’étais confiant, heureux, enfin autant que je puisse l’être.

Justement, l’étais tu trop ou pas assez ?

Il y a des jours où, quand le jour se lève,
On voudrait rentrer tout au fond d´un rêve
Et puis, soudain, lorsque le clocher sonne,
Il y a des jours où l´on n´est plus personne.

J’avais fini par oublier ce que c’était. Plus de coups de gueule, ou presque, que de la lassitude, des larmes à ravaler, un poids sur l’estomac en permanence, une envie de rien, des journées à ne rien produire, regarder passer le temps, c’est juste insupportable.

Et insoluble, aussi. J’ai créé sciamment quelquechose que je ne peux pas solutionner. Quoi de pire pour un homme du chiffre et du droit? D’un véritable traumatisme personnel, que je suis à peine fondé à reprocher, et surtout même pas capable d’expliquer.

J’ai cru que c’était acquis, que cette confiance en moi née en 2008, cette possibilité de résonner, d’être, de vivre, était illimitée. Mais le papillon à halogène (d’un bar miteux sûrement) s’est brûlé les ailes. Et paf. Verre de terre.

Les contre-arguments : tu es jeune, tu es riche, tu as tout pour être heureux ? Et alors ? Ça me décrédibilise pour perdre confiance en moi ?

Tu as des amis super : c’est mieux, je suis infoutu de voir le bien qui m’entoure, je n’ai jamais été. C’est quand je perds que je compte. Je me prends trop de temps à moi-même.

« Tu es quelqu’un de bien. Pose toi toutes les questions du monde mais ne questionne pas ce point. » ce texto envoyé par G est probablement le meilleur argument que l’on m’ait opposé. Il suffirait de s’en convaincre.

J’aimerais juste arrêter de parler, pour un moment, continuer de penser, ça je ne sais pas faire autrement, mais arrêter ne serait-ce que de dire que ça va bien. Ce serait chouette.

Dormir aussi, arrêter de profiter de la nuit pour penser, y être tellement heureux la nuit, et regretter le matin, et la sciatique qui tire tout ce qu’elle peut.

Bon, j’ai grillé 5 clopes, bu deux coca zéro, je vais me trainer clopin-clopant jusqu’à un bar du marais et noyer mon chagrin dans l’alcool. Ça ne sert à rien, mais ça adoucit.

Mais c’est décidé, je donnerai toujours moins en amitié qu’en amour.

Tout cela est tellement idiot, et useless.

Close your eyes, give me your hand, darling
Do you feel my heart beating
Do you understand
Do you feel the same
Am I only dreaming
Is this burning an eternal flame

3 digressions ↓

digression n°1 par Ma Fenetre
le 18 mai 2012 à 22 h 57

des bises…. et n’oublie pas !

digression n°2 par [Nicolas]
le 20 mai 2012 à 8 h 10

Pour bien pousser, il faut se planter.
Bise

digression n°3 par Cédric Darval de Bayen
le 21 mai 2012 à 20 h 48

Ma fenêtre : je n’oublierai pas, promis. On se voit vite 😉
Nicolas : j’ai dû beaucoup pousser, alors !

Digresser en toute tranquillité ...