Tu sais, je m’en doutais un peu

quand Mathieu m’a dit, au café qui parle, rue Caulaincourt, il y a des gens qui ont besoin de mettre un couvercle. J’ai trouvé le couvercle. Et je l’ai trouvé grâce à mes propres ressources. Ma confiance en moi, fabuleuse arme de tous les jours que je me félicite d’avoir trouvée, puisque je n’y croyais pas trop. L’accomplissement personnel de tant de choses, de victoires, de cadeaux, de rencontres, de tant de belles choses. Je suis un garçon chanceux, je le pense vraiment.

Mes propres ressources, ça m’a permis de dire à mon patron que j’avais besoin de trois jours, et qu’il gère le courant et l’exceptionnel, que je débranchais. Juste trois jours. Trop peur de m’apitoyer sur mon sort, ce que je fais très bien. De tomber dans une spirale de merde d’arrêts maladie en arrêts maladies, je connais trop bien ce cercle vicieux. Mais tout le monde n’a pas un patron aussi formidable que le mien. Il a géré. Quel soulagement. Avouez qu’avec tout ça mon deuil en était facilité.

Et c’est vrai. Mais il est dur ce deuil, ça passe pas. Alors j’ai peut être trop tiré sur la corde, j’ai peut être été trop optimiste, ne me suis-je pas assez écouté (alors que ceux qui me connaissent savent que je ne fais que ça, et je le fais très bien), peut être que j’ai occulté. Oui, j’ai probablement occulté. Mais je n’ai pas trop le courage de faire mieux, là. Je le vis mal. Mon premier deuil depuis ma mère. Un vrai deuil je veux dire. Un truc bien pourri, mi-enfantin, mi-existentiel, mi-métaphysique (3 moitiés, oui, je suis chez moi). 

J’ai quand même trouvé que je m’en sortais. Pas mal. Honnêtement. Mais j’ai perdu 13 kilos à ce jour. Et je me suis rendu compte qu’il m’arrive de penser à l’appeler. Et puis j’ai réalisé qu’elle était encore dans mon répertoire. Et j’ai pensé qu’il serait difficile de l’en supprimer. Depuis que je suis rentré de San Francisco, je reste épaté par l’épaisseur du couvercle.

Ma mère me manque, ma grand-mère me manque, c’est stupide car elles sont mortes, mais dire cela roulé en boule dans mon canapé, c’est ce que je fais de mieux en ce moment.

Je suis d’une tristesse insondable. Mais je ne vais pas mal. Car j’ai un entourage en or, je ne serai rien sans eux. Et donc je vais aller mieux. Mais pas aujourd’hui.
  
crédit photo : filippejmgc

3 digressions ↓

digression n°1 par Cuitláhuac
le 14 juin 2015 à 19 h 26

J’espère que tout va pour le mieux, dude. I send you a big hug.
C.

digression n°2 par Clairette
le 14 juin 2015 à 19 h 33

…. Rien à ajouter….je t’aime…

digression n°3 par Barrette
le 15 juin 2015 à 18 h 02

#idem

<3

Digresser en toute tranquillité ...