La balade des gens heureux

Il est toujours surprenant de voir à quel point le temps ici peut s’étirer ou se contracter, les journées sont très longues, les soirées et les matins très courts.

Avant hier, j’ai réussi à marcher 3 kilomètres en plein cagnard pour rejoindre la plage ombragée (qui se trouve aussi être la plage des pédés, Dieu est amour), ça m’a pris à peine 35 minutes. J’étais liquéfié, mais j’arborais fierement mon nouveau sac de plage offert par mes potes C&J, que je trouve absolument magnifique (le sac, mais mes potes aussi bien sur). J’ai rejoint Ben alors qu’il était déjà 5 heures pour se baigner et critiquer les français qui passent leur après midi le nez sur Grindr à parler à leur voisin de serviette (le wifi à Tel Aviv étant gracieusement mis à disposition par la municipalité), sans profiter ni de la ville, ni d’autre chose que l’hôtel Hilton. Alors qu’il serait pourtant bien plus simple de lui parler en vrai et de fumer un petard ensemble avant de lui sucer la bite. Bref.

La suite est entièrement Telavivienne, je demande à Oren si il veut m’aider à écluser mon stock de bières sur le toit de mon appartement, il me dit oui, me dit non, me dit oui, me dit qu’on s’appelle à 20:00, et finalement déboule à 21:00. Je précise que ceci est tout à fait normal ici. Le plus dur n’est pas la langue, c’est leur rapport au temps.

Cette soirée sera – encore une fois mémorable – des bières, des clopes, une guitare, un discussion sur les mérites comparés de Marx et Barthes, pourquoi Uber et Airbnb sont ultra-libéraux, qu’est-ce qu’un couple, pourquoi vivre ailleurs. Je suis un tout petit peu moins ignorant sur la politique intérieure, il est moins ignorant sur la politique française. 

J’ai rencontré Oren il y a 2 ans, et je pense encore qu’il est de ces rares rencontres qui – sans employer le terme de bouleverser – donnent à un être humain un éclairage différent sur les choses. J’étais peut-être plus réceptif ce jour-là, mais il est parmi les gens les plus brillants, lumineux, intelligents, d’une pure gentillesse qui confine à la perfection. Son accent californien parfait permettrait à ce philosophe de 26 ans d’être un Jésus des temps modernes, un gourou formidable, qui pourrait faire n’importe quoi de ses ouailles. 

Le mélange d’expressions typiquement américaines, assaisonnées d’idiomes très britanniques rendent son parlé magnifique et illustré. Je souhaite à tout le monde de rencontrer quelqu’un d’aussi puissant. Je suis chanceux, j’en ai rencontré quelques un(e)s jusqu’à maintenant. 

Je dors beaucoup ici, malgré un sommeil bizarre (j’ai cette nuit combattu des rats avec ma sœur, puis vu mes rétines éclater sous mes yeux), et plutôt hache, mais j’arrive a dormir 3 fois par jour, à peu près 11 heures.

Hier j’ai glandé toute la journée, et suis finalement sorti après avoir papoté avec Maor, j’ai retrouvé Ohad. Nous avons croisé la star locale au Shpagat, mais nous aurons l’occasion d’en reparler plus tard. Danser reste la meilleure des fatigues, après avoir pris un petit déjeuner (tout à fait sensé a 21:00). 

Bref, tout va très bien, je m’ajuste doucement sur le rythme, je ne sais pas si c’est moi ou le climat mais la chaleur est presque plus vivable aujourd’hui. 

Il est 13:13, je finis mon café et je file siester. 

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